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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 16:03

« Un inconnu vous offre des fleurs », cela vous rappelle-t-il 1981, cela vous est-il déjà arrivé ? À moi oui. J’étais plus jeune,  en train de prendre un café à une terrasse devant le square de Montholon, lorsqu’un jeune homme m’offrit un très beau bouquet.

 

 

Le bonheur en plus intense s’est reproduit le dernier jour du mois de novembre. Je descendais de la butte Montmartre, lorsque subitement un jeune homme me demanda si j’aime l’opéra. À ma réponse affirmative, il me remit deux invitations pour la répétition générale à l’Opéra Bastille valable le soir même : « Andrea Chénier » d’Umberto Giordano avec le ténor argentin Marcelo Alvarez dans le rôle-titre.



Somptueux cadeau, magnifique surprise, clôturant un mois de novembre qui avait été plaisant du début à la fin.

Nous étions à deux heures du commencement de la répétition, aucun de mes amis ne fut joignable au téléphone pour m’accompagner.



Devant l’entrée du temple de la musique, j’aperçus de nombreuses pancartes « Cherche invitation » ; j’ai donné mon deuxième carton à la première personne rencontrée. Car les répétitions générales ne sont accessibles qu’aux invités.  – Au fait, je viens de noter les dates des générales 2010 et me posterai dès le 12 janvier avec mon panneau à la Bastille : « Cherche invitation pour Werther »…

 

Lundi soir, le public entrait par le niveau 0 pour être dirigé vers les ascenseurs. 4e étage, porte 12, premier balcon pair. Tarif normal : 77 €.



Pour le dire tout de suite, fin novembre 2002, j’occupai une  place au parterre pour assister à la représentation de Turandot. J’avais monté les grandes marches, parcouru la galerie en jouissant de l’harmonie architecturale, puis de la qualité acoustique.

Le premier balcon en 2009 m’a fait voir le contraste : acoustique très moyenne, distance à la scène trop grande, couloirs évoquant un aéroport plus qu’un lieu de culture. Ma voisine m’a dit spontanément que l’architecture du lieu est peu attrayante. À l’entr’acte,   je lui ai fait découvrir le niveau 1. Il faudrait que l’entrée se fasse toujours par là pour que le public puisse apprécier la majesté de l’endroit.


 











































Après le lever du rideau d’Andrea Chénier,   les costumes des nobles, des Incroyables, du peuple
 créés par Maria Filippi enchantaient les spectateurs. Ces habits et les décors de Carlo Centolavigna illustraient bien l’ambiance de l’année 1794. Cependant, depuis le balcon, nous voyions des reflets et des ombres parasites que l’éclairagiste Wolfgang von Zouber n’avait  su gommer.

L’orchestre sous la baguette de Daniel Oren couvrait parfois les voix des solistes. La harpe était bien synchronisée avec l’acteur faisant semblant de jouer du piano sur une scène. Excellentes aussi les percussions dans les coulisses, évoquant l’arrivée des manifestants. La mise en scène de la première partie fut la plus réussie.

Dans la troisième partie, Marcelo Alvarez et Micaela Carosi ont eu du mal à surmonter quelques difficultés, probablement en raison d’une fatigue passagère.

Ce « dramma historico » en quatre actes composé en 1896 par Umberto Giordano sur un livret de Luigi Illica sonnait familier aux connaisseurs de musique qui y ont retrouvé le style en vogue au 19e siècle. L’aspect amusant pour les Français : voir et entendre une page des années de la Terreur en langue italienne. L’époque avait été propice aux emphases, aux déclamations, aux symboles ; de nos jours, cela paraît joliment kitsch. Aimer la patrie à la folie, choisir la mort pour aimer à l’éternité…

Malgré ces quelques critiques, j’ai passé une excellente soirée et remercie chaleureusement le jeune homme inconnu qui me l’a offerte. Le jeune homme s’appelle David, c’est ce qu’il ma dit avant de partir.

http://www.planet-opera.com/production.php?repre=250&nom=Andrea-Chenier-Opera-Bastille

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 12:03

Une mélodie partant du cœur, rien que pour chanter le bonheur de vivre encore cet instant.


 

Que les violons grincent un peu, que ce soient les musiciens qui ramassent les pièces – peu importe à la star improvisée qui, depuis belle lurette ne calcule plus rien, profite du jour comme il vient.

 

Joli contraste avec des Susan Boyle et autres Wu Baiwei prétendantes aux premières marches du show-biz.

La vedette du Châtelet se tient joyeusement en bas des marches, faisant ainsi le délice des gens  qui se figent le temps d’un air qui passe.





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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 18:23

Mardi soir, j’ai pris le train en marche à la gare centrale de Zurich. À la recherche de l’Arnaque en ces temps de préoccupations matérielles, je zappais entre plusieurs écrans et fus captivée instantanément par le cadeau offert aux Suisses de passage dans le hall des pas perdus - un opéra lyrique qui, pour une fois, fut plus captivant qu’un western, plus surprenant qu’un match de foot.



J’ignore combien de voyageurs ont raté leur correspondance, combien de badauds et artistes ont pris froid dans les courants d’air. Je sais en revanche que pour les téléspectateurs et internautes, le spectacle fut émouvant : 

La Traviata

de Guiseppe Verdi

Opéra en 3 actes et 4 tableaux
Livret de Francesco Maria Piave
d'après "La Dame aux Camélias" d'Alexandre Dumas
Créé le 6 mars 1853 au Teatro La Fenice - Venise

 

Tra voi tra voi saprò dividere
il tempo mio giocondo;
Tutto è follia nel mondo
Ciò che non è piacer.
Godiam, fugace e rapido
e'il gaudio dell’amore,
e'un fior che nasce e muore,
ne più si può goder.
Godiam c'invita un fervido
accento lusighier.

 

Pour chanter cet air, il faut être une grande soprano, comme Eva Mei. Tout le monde, en revanche,  sait fredonner le chœur des Bohémiens qui est un moment fort de la scène du bal masqué ; or le plus souvent, l’auditeur occasionnel ne sait pas le situer dans son contexte.

 

L’histoire du drame sentimental se déroule dans les salons parisiens du 19e siècle. Le metteur en scène, Adrian Marthaler, a osé la transposer au cœur d’un lieu de transit. Dans l’ensemble, le changement de lieu a été une réussite, en ce qu’il insérait l’œuvre dans notre époque et rapprocha les interprètes des spectateurs.

 

Les paroles du livret n’ont pas été modifiées pour l’occasion, ce qui donna quelques scènes cocasses : « Prend l’argent dans ma commode » - alors que Violetta était assise dans la salle d’un restaurant de la gare ; sa servante interpréta « commode » par « sac à main »…

 

http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/traviata/2198144.html

 

 

Pendant l’entre-acte, quelques spectateurs et participants ont pu exprimer leur enthousiasme devant les micros d’Arte. Certains ont manifesté le souhait de voir prochainement dans les mêmes conditions « Le Hollandais volant ». Hollandais volant ? Il est vrai que les Suisses de Zurich parlent comme leurs voisins allemands qui ne connaissent pas « Le vaisseau fantôme »…

 

En parallèle à la retransmission en direct se déroulait un tchat animé sur http//www.arte.tv/. Gabriella y dit notamment : « Tout simplement formidable. Il faut que le spectacle vienne à Paris, il y a plein de gares… »

 

Je ne vois que la gare de Lyon, à la rigueur la gare du Nord, qui pourraient prendre le relais. La gare Midi à Bruxelles ressemble comme une jumelle à celle de Zurich. A Paris, c’est la gare de l’Est qui avait parfois donné accès à la culture – mais pour des impératifs de rentabilité financière, ces manifestations ne sont plus que des souvenirs.



 

A tous ceux qui n’ont pas vu La Traviata mardi soir, il reste exactement 21 jours pour la regarder en différé sur http.www.arte.tv/traviata ou, plus facile, sur http//plus7.arte.tv.fr. Ce sont 96 minutes de bonheur ! J’aimerais bien qu’Arte rende définitivement accessibles toutes ces belles émissions, comme les Théma sur la Chine, l’Inde, Archimède… Pourquoi les retirer des archives au bout d’un temps restreint ?

 

 

 

 

 

Dernier ajout : l’audimat du 30 septembre 2008.

 

La Traviata a été suivie par 343.000 téléspectateurs en France, soit 1,4 % de part d’audience et par 577.000 spectateurs de la SF, soit 34,4 % de part d’audience.

 

www.sf.tv/sf1/latraviata/index.php

 

 

A comparer avec le suivi des programmes sur les autres chaines françaises au même moment :

TF1 – Football, 6.583.000 =  27,5 %

France2 – Françoise Sagan, 4.266.000 = 17,5 %

M6 – Desperate Housewives,  3.883.000 = 15.3 %

France3 – L’arnaque, 3.227.000 = 14,5 %

 

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