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1969 était une année de tournants avec projets, promesses et déceptions.
Cette année-là, je suis devenue française par mon mariage célébré le 5 août à Tours où je venais de déménager.
Un déménagement plus spectaculaire fut celui des Halles à Rungis, le 28 février 1969.
Ce même jour, le Concorde devait s’envoler pour la première fois. Il effectua finalement son 1er vol le 2 mars 1969 et le dernier le 24 octobre 2003.
J’arrivais à Paris en 1973, époque de la démolition des pavillons Baltard dont un exemplaire a été conservé à Nogent-sur-Marne et un autre à Yokohama au Japon. L’étripage du ventre de Paris avait laissé un immense trou, décors parfait pour le tournage du film « Touche pas à la femme blanche ». Les rats trouvèrent refuge dans les caves voisines ou se replièrent dans les égouts et tunnels du métro.
Le centre commercial du Forum des Halles fut inauguré en 1979. 30 ans plus tard, il est voué à la destruction. Il faudra attendre 2013 pour voir le nouveau projet achevé – pour combien de décennies ?
Les anciens se souviennent de la vie d’avant le Forum dont ma mémoire a conservé quelques images pâlies. Les Forts des Halles… : « Leur profession a disparu progressivement avant le transfert à Rungis et nombre d'entre eux, ont été reclassés dans la police municipale », cela pourrait expliquer la rudesse de certains agents….
Les anciennes Halles centrales de Paris ont donné matière aux chefs-d’œuvre de la littérature et filmographie française :
« Au fond de la rue Rambuteau, les légumes s'éveillaient davantage, sortaient du grand bleuissement traînant à terre. Les salades, les laitues, les scaroles, les chicorées, ouvertes et grasses encore de terreau, montraient leurs cœurs éclatants ; les paquets d'épinards, les paquets d'oseille, les bouquets d'artichauts, les entassements de haricots et de pois, les empilements de romaines, liées d'un brin de paille, chantaient toute la gamme du vert, de la laque verte des cosses au gros vert des feuilles ; gamme soutenue qui allait en se mourant, jusqu'aux panachures des pieds de céleris et des bottes de poireaux.
Et vous êtes venue faire vos provisions, mademoiselle Saget ;? demanda la grande sèche.
- Oh ! madame Lecoeur, si on peut dire... Vous savez, une femme seule. Je vis de rien... J'aurais voulu un petit chou-fleur, mais tout est si cher...
Et le beurre, à combien, aujourd'hui ;?
- Trente-quatre sous... J'en ai du bien bon. Si vous voulez venir me voir...
- Oui, oui, je ne sais pas, j'ai encore un peu de graisse... »
Emile Zola. Le Ventre de Paris
http://delicesdepapier.blogspot.com/2007/01/les-halles-du-ventre-de-paris.html
Pour les amteurs d'histoire :