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Mardi soir, j’ai pris le train en marche à la gare centrale de Zurich. À la recherche de l’Arnaque
en ces temps de préoccupations matérielles, je zappais entre plusieurs écrans et fus captivée instantanément par le cadeau offert aux Suisses de passage dans le hall des pas perdus - un
opéra lyrique qui, pour une fois, fut plus captivant qu’un western, plus surprenant qu’un match de foot.
J’ignore combien de voyageurs ont raté leur correspondance, combien de badauds et artistes ont pris froid dans les courants d’air. Je sais en revanche que pour les téléspectateurs et internautes,
le spectacle fut émouvant :
La Traviata
de Guiseppe Verdi
Opéra en 3 actes et 4 tableaux
Livret de Francesco Maria Piave
d'après "La Dame aux Camélias" d'Alexandre Dumas
Créé le 6 mars 1853 au Teatro La Fenice - Venise
Tra voi tra voi saprò dividere
il tempo mio giocondo;
Tutto è follia nel mondo
Ciò che non è piacer.
Godiam, fugace e rapido
e'il gaudio dell’amore,
e'un fior che nasce e muore,
ne più si può goder.
Godiam c'invita un fervido
accento lusighier.
Pour chanter cet air, il faut être une grande soprano, comme Eva Mei. Tout le monde, en revanche, sait fredonner le chœur des Bohémiens qui est un moment fort de la scène du bal masqué ; or le plus souvent, l’auditeur occasionnel ne sait pas le situer dans son contexte.
L’histoire du drame sentimental se déroule dans les salons parisiens du 19e siècle. Le metteur en scène, Adrian Marthaler, a osé la transposer au cœur d’un lieu de transit. Dans l’ensemble, le changement de lieu a été une réussite, en ce qu’il insérait l’œuvre dans notre époque et rapprocha les interprètes des spectateurs.
Les paroles du livret n’ont pas été modifiées pour l’occasion, ce qui donna quelques scènes cocasses : « Prend l’argent dans ma commode » - alors que Violetta était assise dans la salle d’un restaurant de la gare ; sa servante interpréta « commode » par « sac à main »…
http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/traviata/2198144.html
Pendant l’entre-acte, quelques spectateurs et participants ont pu exprimer leur enthousiasme devant les micros d’Arte. Certains ont manifesté le souhait de voir prochainement dans les mêmes conditions « Le Hollandais volant ». Hollandais volant ? Il est vrai que les Suisses de Zurich parlent comme leurs voisins allemands qui ne connaissent pas « Le vaisseau fantôme »…
En parallèle à la retransmission en direct se déroulait un tchat animé sur http//www.arte.tv/. Gabriella y dit notamment : « Tout simplement formidable. Il faut que le spectacle vienne à Paris, il y a plein de gares… »
Je ne vois que la gare de Lyon, à la rigueur la gare du Nord, qui pourraient prendre le relais. La gare Midi à Bruxelles ressemble
comme une jumelle à celle de Zurich. A Paris, c’est la gare de l’Est qui avait parfois donné accès à la culture – mais pour des impératifs de rentabilité financière, ces manifestations ne sont
plus que des souvenirs.


A tous ceux qui n’ont pas vu La Traviata mardi soir, il reste exactement 21 jours pour la regarder en différé sur http.www.arte.tv/traviata ou, plus facile, sur http//plus7.arte.tv.fr. Ce sont 96 minutes de bonheur ! J’aimerais bien qu’Arte rende définitivement accessibles toutes ces belles émissions, comme les Théma sur la Chine, l’Inde, Archimède… Pourquoi les retirer des archives au bout d’un temps restreint ?
Dernier ajout : l’audimat du 30 septembre 2008.
La Traviata a été suivie par 343.000 téléspectateurs en France, soit 1,4 % de part d’audience et par 577.000 spectateurs de la SF, soit 34,4 % de part d’audience.
www.sf.tv/sf1/latraviata/index.php
A comparer avec le suivi des programmes sur les autres chaines françaises au même moment :
TF1 – Football, 6.583.000 = 27,5 %
France2 – Françoise Sagan, 4.266.000 = 17,5 %
M6 – Desperate Housewives, 3.883.000 = 15.3 %
France3 – L’arnaque, 3.227.000 = 14,5 %