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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:12

Le 13 avril -  jour de chance ? – j’ai suivi l’appel de Berlin. Temps clair, +5° C à l’atterrissage, pas de nuages.

 

Paris-Berlin, 13 avril 2010. Bande-son : Steve Ray, mort dans un accident d'hélicoptère, tandis que j’ai survécu.

 

Quelques jours plus tard, au réveil, l’alerte : le volcan islandais venait de cracher des nuées de cendres. L’extinction des dinosaures, de toutes les espèces allait se répéter ; dans l’immédiat  pour le moins, perturbait les lignes aériennes. Au lieu de faire tomber la nuit sur l’Europe, jamais ciel ne fut plus bleu, semblable à celui sous le nuage de Tchernobyl.

Je sortis vite profiter des derniers rayons de soleil avant le grand soir qui jetterait son voile sur tout ce qui vit, répandant une nouvelle glaciation.

Berlin vivait calmement le répit. La capitale allemande semblait assoupie, beaucoup moins capitale que Londres ou Paris.  L’Est et l’Ouest se confondaient sans ligne de démarcation, si ce n’est les « Ampelmännchen », feux de signalisation pour piétons sauvés de la démolition de l’ex-RDA.

 

 Souvenirs de Berlin

Après avoir dégusté – pour la dernière fois ? – une « Currywurst » et une boulette à la sauce aux câpres, j’avais la sensation d’être enfermée dans cette ville comme en 1964 : il fallait m’en échapper au plus vite, regagner la liberté, de préférence française.

 

Le ICE, train tout en couleurs pastels, me permit de prendre le large, sans changement, voyage direct jusqu’à Freiburg, première étape avant d’arriver sur le sol français. Départ 12 :47, entrée en gare prévue à 18 :59 ; nous n’avions que  4 minutes de retard, alors que d’autres trains accumulèrent jusqu’à 90 minutes de retard. L’une des lignes vers Cologne fut totalement paralysée : d’un autre ICE une porte était tombée sur les rails…

Montée à bord du rapide allemand à Spandau sans réservation, je me suis installée à une table qui réunissait déjà trois personnes côté gauche du couloir ; à ma droite une autre table complète. Des voyageurs prévenants m’ont aidé à poser mon grand sac dans le porte-bagages et très vite, je fis connaissance  des autres compagnons de voyage. Mon voisin de gauche raconta qu’il venait de quitter Minsk depuis 24 heures, encore 6 ou 8 heures, et il serait enfin à Stuttgart. Il avait participé au marathon biélorusse le 15 avril, avait couru au préalable celui de Paris le 11 avril et trouvait que la pire épreuve, c’était le voyage en train sous l’invisible nuage de cendres.

À l’opposé un jeune musicien originaire du Nord de l’Allemagne, en contraste avec le marathonien  parlait Plattdeutsch. Le jeune homme retournait d’un concert donné à Londres et devait en faire un autre à Stuttgart. Pas évident de quitter l’Angleterre, « England » = pays étroit ! Les ferrys entre la grande Île et la France étant interdits aux piétons, il a dû acheter un vélo avant d’embarquer et l’a revendu aussitôt arrivé à quai (par la suite, ces règles ont été assouplies par les autorités maritimes).

Puis, il y avait un jeune Danois se destinant à la carrière de professeur de français, langue qu’il parle mieux que moi. Un jeune Allemand, lointain descendant d’Huguenots installés en Prusse, montrait lui aussi une parfaite maîtrise de la langue de Victor Hugo et des autres, il travaille à Paris. L’homme le plus âgé venait de Prusse Orientale, il s’exprimait dans une langue germanique rare, le Sorbisch, qui ressemble à du Yiddish. Quand je lui dis que j’avais des ancêtres de « Ostpreussen », que nous sommes peut-être parents, nous nous sommes serrés la main.

Dès lors, notre imagination prit libre cours, la discussion fut très animée et de plus en plus drôle. Nous avions fait remarquer au musicien, qui suivait en direct les matchs de foot et les retards de trains, qu’heureusement, il était là pour surveiller l’actualité -  sans cela, nous n’arriverions jamais à destination J : « Votre i-Pod, c’est ce truc qui explose toujours ? ». Toutes les équipes de foot de seconde catégorie avaient gagné contre les grands favoris, tout le monde en fut ravi.

Vers la fin du mémorable voyage, je suggérais –puisque les naufragés du nuage étaient incités à raconter leurs mésaventures sur Internet – que nous rédigerions ensemble notre récit collectif.

Ce nuage a été une aubaine : nous pourrons en parler jusqu’à la fin de notre vie, à la manière des grands-parents qui ressassaient les histoires de la guerre. Grâce au nuage, j’ai pu faire un crochet pour rendre visite à mon frère à Freiburg en pleine effervescence printanière.

 

 Freiburg 2010

Garten

 

D'autres ont évoqué le nuage volcanique, mieux que moi.

 

Alain :

http://ocsena.ouvaton.org/article.php3?id_article=825

Pol, que j'ai rencontré dans la zone d'embarquement avant mon décollage pour Berlin, il se rendait à Prague :

 

http://www.mediapart.fr/club/blog/pol/180410/lost-translation

 

Quant à l'appel de Berlin, celui-ci me plaît beaucoup, "Berlin m'appelle" :

 

 

 

Juste un conseil pour ceux qui prendront encore l'avion : n'emportez que du fromage à pâte dure, la pâte molle est interdite en cabine, mon véritable camembert au lait cru a failli rester bloqué à Roissy.

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 14:31

http://www.oiseaux.net/oiseaux/faucon.crecerelle.html

 

 

En attendant l’autre jour mon  bus devant le Louvre, j’ai cru voir un faucon crécerelle se percher sur la sculpture du Pavillon Mollien. Difficile  à cette distance sans jumelles d’en être sûre, d’autant que les couleurs de  l’oiseau se confondaient avec le décor. Par chance, le zoom de mon Lumix (12 x)  a pu capter l’image qui révéla d’autres détails, invisibles de loin.


P1130761Voyez-vous l'oiseau sur le trident, juste au-dessus de la main du petit personnage dans le navire?


 

Il fallait que je vérifie sur Internet qui est l’auteur de l’œuvre et sa signification. Surprise de certaines incohérences entre ma photo et les explications fournies par

http://louvre.sculpturederue.fr/page642.html , j’ai demandé des éclaircissements au webmaster du site :

 

 

 

« En cliquant sur la partie haute des sculptures du Pavillon Mollien côté Carrousel on trouve votre explication : L'Agriculture et les Arts. Eugène Lequesne. 1857.

 

Or la date indiquée en réalité sous le nom Lequesne est 1855. De plus, je n’y vois pas l’illustration de l’agriculture et des arts, mais une allégorie pouvant signifier la navigation : au centre figure un petit personnage joufflu portant trident dans une embarcation, entourée d’animaux marins et de compas. Certes, les deux messagers ailés à droite et à gauche posent leurs pieds sur des fruits, on voit aussi une branche d’olivier, également des livres, mais cela me semble éloigné du sujet que vous évoquez.

 

Ce serait aimable de votre part, si vous pouviez rectifier mon erreur. »

 

La réponse vient d’arriver :

 

« Merci pour votre mail. C’est grâce à des contributions comme la vôtre que le site des «  statues extérieures du Louvre » peut s’améliorer.

Votre remarque sur la date est fondée. En effet la date de la livraison de «l’Agriculture et les Arts » est bien 1855.

Cependant, le parti pris pour les statues de la cour Napoléon est de retenir comme date celle de l’inauguration, c'est-à-dire le 14 août 1857.

 

Pour ce qui concerne le titre de l’œuvre, il est validé par plusieurs publications de référence, notamment :

- La cour Napoléon transfigurée. Guy Nicot (Architecte en chef des monuments de France). Editions Réunion des Musées Nationaux.

- Le photographe et l’architecte. Edouard Baldus, Hector Martin Lefuel et le chantier du Nouveau Louvre de Napoléon III. Ouvrage collectif. Edition Réunion des Musées Nationaux.

 

Si vous relevez d’autres erreurs potentielles, n’hésitez pas à nous en faire part.

Avec nos sincères salutations. »

 

J’adore ce genre de découvertes et d’échanges, très fructueux. Nous ne sommes jamais assez curieux.

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 02:02

Des canapés ont pris leur place dans Paris, je les collectione depuis 2003.

CANAPE

D’abord, ils se trouvaient dans les rues, puis au jardin des Tuileries, ensuite sur un toit de boutique et de voiture, aujourd’hui ils ont remplacé des bancs du métro. Les touristes s’en montrent surpris et ravis : cette ville est réellement différente des autres !

boutique sur rueL'art de vivre sur canapé.DSC00863.jpg





















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En attendant le dernier métro.



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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 20:13

 Actualisé le 12 juin 2010 par l'ajout d'une publicité.

 

 

Les Argentins sont en train d’apprendre la célèbre chanson Stewball d’Hugues Aufray et  Pierre Delanoë :

Il s'appelait Stewball, c'était un cheval blanc
Il était mon idole et moi j'avais dix ans.

Notre pauvre père pour acheter ce pur-sang
Avait mis dans l'affaire jusqu'
à son dernier franc.

Il avait dans la tête d'en faire un grand champion
Pour liquider nos dettes et payer la maison.

Il croyait à sa chance, il engagea Stewball
Par un beau dimanche au grand prix de Saint-Paul.

Je sais, dit mon père, que Stewball
va gagner
Mais après la rivière Stewball est tombé.

Quand le vétérinaire d'un seul coup l'acheva
J'ai vu pleurer mon père pour la première fois.

Il s'appelait Stewball, c'était un cheval blanc
Il était mon idole et moi j'avais dix ans.

  et voici le résultat, le 12 juin 2010 :

 

Qui était Stewball ? Vérification faite auprès de l'artiste, Stewball était en fait une pie blanche et noire que l'artiste encore enfant avait apprivoisée !  

 

(http://music-lovers.over-blog.com/categorie-10390481.html)


Pourquoi avoir transformé dans la chanson le cheval pie en cheval blanc ? Essayez un peu de faire rimer dix ans et pie blanche et noire… Mais peut-être, les taches noires peintes sur la robe pour faire plus joli furent effacées  par la pluie et qu’à l’origine le cheval était blanc, toujours est-il que l’équidé bicolore a son portrait au Louvre :

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Le cheval a depuis des temps immémoriaux accompagné l’histoire des hommes.

Je me souviens de mon arrivée à Paris, en 1973. Les premier mois, j’occupais une chambre d’hôtel à 25 francs la nuit, chez « Mémé », la patronne de l’Hôtel Istria. Saïd, le jeune veilleur de nuit iranien, s’étais pris d’amitié pour moi et partagea son pain, ses joies et peines avec moi. Un jour, il dit avoir fait une excellente affaire en achetant un piano avec cadre en bois dans une salle de vente. Après l’avoir fait transporter péniblement à sa chambre de bonne, il s’aperçut que l’instrument n’était bon qu’à encombrer la pièce.

Saïd se rendait souvent aux enchères dans l’espoir d’y trouver le trésor qui le sortirait de la misère. Après une longue absence, il reprit son travail à l’hôtel, l’air abattu. Il avait acheté un cheval qu’il fit monter, comme le piano, par l’escalier au 6e étage, n’ayant pas d’autre endroit pour l’abriter. Saïd prit encore des congés, afin de pouvoir entrainer son futur champion de courses dans un pré de la banlieue parisienne. Vainement, il essaya de guérir sa  monture : elle continuait de boiter à chaque pas. Le pauvre cheval fut relâché dans la campagne et Saïd avait perdu ses maigres économies.

Saïd était mon meilleur ami durant ma première année à Paris. Il était l’un de ceux dont les Allemands disent : « Mit ihm kann man Pferde stehlen » (« avec lui, on pourrait voler un cheval », ce qui veut dire qu’il assiste  l’ami pour le meilleur et le pire).

 

  Je ne suis montée qu'une fois à cheval, n'ai pas plus souvent parié, mais suis fréquemment allée aux champs de courses, le plus éloigné est celui d'Hong Kong où se sont déroulé les épreuves des derniers JO qui permirent aux Allemands de remporter de précieuses médailles.

 

Les courses à Hong Kong

20 mai 2001

Le programme de la journée exige une tenue correcte, puisque nous seront accueillis au salon du Hong Kong Jockey Club. La cagnotte du jour est estimée à 80 millions de HK$. Le salon des visiteurs se trouve au 6e étage,  bien entendu climatisé. L'énorme buffet présente un vaste échantillon des meilleures réussites culinaires. Dès notre arrivée, nous recevons un petit porte-monnaie, une casquette, un porte-clés, journaux et brochures détaillées qui permettront de miser sur le bon cheval. En dehors des courses et de quelques apparitions de la fanfare, il n'y pas d'autres animations. Sur deux écrans dans la salle de restaurant, un écran géant sur le  terrain, les joueurs suivent les compétitions. Les résultats sont affichés dès le franchissement du poteau d'arrivée, il n'y a pas eu de disqualification ou de contestation. Les commentaires et annonces diffusées par haut-parleurs sont faits exclusivement en cantonais. Tout le monde attend la 8e course de trophée sur 2.400 mètres, avec enjeu de 6.000.000 HK$. La course de chevaux de plus de 3 ans fut finalement gagnée par un Australien, D. Harrison sur Oriental Express du propriétaire Larry C.K. Yung, suivi en deuxième position du jockey français Eric Legrix sur Rainbow And Gold, du propriétaire Hui Chun Fui (gains remporté au préalables : 2.151.000 HK$). Mais le trop célèbre Yves Saint-Martin n'arrive qu'à la sixième place. La presse locale du lendemain n'est pas tendre ; les journalistes auraient demandé au fameux champion, pourquoi il avait osé monter à cheval. Il aurait mieux fait de s'abstenir. Il s'excusa : "Je ne connaissais pas ce cheval". Le cheval, Housemaster, dont le propriétaire est Larry C. K. Yung, avait pourtant déjà remporté 7.368.823 HK$. Sous les loges et gradins se trouve l'immense salle des parieurs. Assis comme dans une salle d'attente à peine rafraîchie par trois ventilateurs, des milliers de personnes comparent leurs chiffres avec ceux défilant sur les écrans. Il n'y a que le gain qui compte, les joueurs n'ont aucun regard pour les chevaux. Le pesage se trouve d'ailleurs complètement à l'opposé, à plus de 500 m, et nous n'y avions pas accès, malgré notre badge VIP. Notre guide a gagné 1.500 HK$, les autres ont perdu, entre 1.000 et 10.000 HK$ environ. Une jeune Australienne née sous le signe du serpent à Brisbane a empoché 300 HK$.

 

 

 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 22:50

Place aux femmes”, avec cette revendication calquée sur le titre de l’exposition à la mairie du 18e, j’ai bousculé ce soir quelques hommes sur mon passage. Comme prévu, ils ont pris cette agression inhabituelle avec humour.

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Un homme m’a offert un chocolat chaud à une terrasse de café et au buffet de la mairie, j'ai bu un verre de champagne, après quelques heures passées à vérifier la comptabilité de notre syndic. En somme, j’ai passé une belle journée de la femme, une journée comme les autres.





Les concepteurs de l’exposition dans le 18e arrondissement et les hommes politiques présents n’avouèrent qu’un objectif : faire de la pédagogie pour que la femme occupe la place qu’elle mérite dans la société. P1140234On se dit que tous ces hommes qui décident à la place des autres doivent être d’anciens enseignants pour attribuer tant d’importance à la pédagogie… Ils se sont mis à créer des places et squares aux noms de femmes, car, n’est-ce pas, c’est en parcourant tous les jours les voies publiques à résonnance féminine que le lambda deviendra conscient de l’importance des femmes. Sans les nouvelles plaques, il persévérerait dans l’admiration des militaires « qui ont fait la grandeur de la France ». Championnet, Ney, Ornano, Ordener, Damrémont, Custine, Junot, pour ne citer que les noms des axes les plus importants, inciteraient  les passants à leur vouer éternelle reconnaissance, voire à embrasser à leur tour une carrière militaire.

Mais le souci d’honorer les femmes ne pousse pas trop loin l’audace : point n’est question de débaptiser les rues, la municipalité pose juste quelques plaques sur des placettes, pas trop fréquentées du côté marché aux Puces, piscine des Amiraux etc. Rosa Luxembourg aura droit à une plaque bilingue, allemand-français.

Remarquable absence de la référence aux femmes de science, aux aventurières, aux femmes-inventeurs ou créatrices d’entreprises.

La veille au Louvre, j’ai enfin découvert une femme à cheval au milieu de la bataille qu’elle a déclenchée et perdue – mais ceci est un détail. Elle s’était évadée de prison pour attaquer son fils, le roi. Admirable audace, au moins aussi méritante que celle de Jeanne d’Arc (si la légende dit vrai).

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Son mari, dont j’ai déjà parlé, l’avait découverte en portrait dont il tomba aussitôt amoureux, s’il faut croire Rubens. P1130971

 













Henri IV découvre Marie de Médicis
















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Souvent les hommes s’emmourachèrent à la simple vue d’une image qui imprégnait par la suite tout l’imaginaire des mâles, que ce soient les représentations d’Ève, de la belle Hélène, de Cléopâtre, Emmanuelle ou les créatures dans Playboy…

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Objet de plaisir, de culte, parfois de crainte, à la rigueur le rôle de muse était concevable pour une femme, cependant la plupart du temps, elle devait se contenter de jouer la mère, la sœur, l’épouse.

Beaucoup de femmes-bien-comme-il-faut purent s’épanouir et se libérer totalement à partir du jour où elles sont devenues veuves.

Je me souviens du jour où je suis allée exiger de mon banquier de ne plus intituler mon compte personnel « Madame Jean-Pierre Bérard » ; le brave homme en fut tout retourné.  

La meilleure vidéo réalisée pour la Journée de la femme :

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 20:53

Motivée par la réception d’une photo chinoise imitant Gabrielle d’Estrées et sa sœur au bain, je me suis rendue au Louvre par ce merveilleux dimanche. Entrée gratuite, accès immédiat, arrivée sans détour dans l’aile Richelieu, je souriais à mes vieilles connaissances, immortalisées par l’École de Fontainebleau II.

http://lenaweb.site.voila.fr/gabrielle_d_estrees.htm

 Gabrielle d'Estrées

Le souvenir de Gabrielle ne serait peut-être pas parvenu à la postérité, si la belle n'avait pas été la maîtresse d'Henri IV :

Henri IV

Le tableau représentant Gabrielle et sa soeur n’est pas le seul à avoir  été copié d’innombrables fois.

La Joconde est certainement l’un des plus célèbres. Le sourire énigmatique exposé derrière des vitres blindées est un original, me jurent ses gardiens. Tous les deux mois, un mardi, il est décroché de son cadre et passé aux rayons X, comme tous les autres tableaux – un vrai boulot de Sisyphe.


Joconde
Admettons que Mona Lisa soit authentique, tel n’est pas le cas de toutes les peintures exposées dans l’un des plus grands musées du monde. Les conservateurs ne s’en cachent pas : le portrait d’Anne d’Autriche serait une vieille copie d’après Rubens. Par mesure de précaution, le couronnement de Napoléon a été copié, lui aussi. Je ne sais pas si c’est au château de Versailles que se trouve le premier ou bien si c’est au Louvre.


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Autre model souvent imité :

Belle avec plumes


Les copistes et copieurs sont nombreux. Quelques artistes modernes  revendiquent ouvertement le droit à l’inspiration, au plagiat, à la copie, voire comme Warhol,  à  la production en série.



Michel Paysant
prolonge la réflexion sur les copies avec une installation actuelle dans ce temple de l’ancien, donnant par là un coup de jeune au conservatoire encyclopédique. 

MP
 
D’autres artistes contemporains– dont l’Allemand Anselm Kiefer et Pierre Soulage - exposent leurs visions dans l’endroit où n’entrait aucun peintre postérieur au milieu du 19e siècle, sans approbation des Beaux Arts.  Aujourd’hui,  d’heureuses initiatives  tissent des liens entre tradition picturale et art moderne.

Dans son livre « Le Kitsch – l’art du bonheur », Abraham A. Moles a consacré en 1971 d’importants paragraphes à la différence entre création et copie :

« créer […] c’est l’invention, celle de l’artiste ou de l’inventeur, […] producteur de formes ou messages uniques ou en très faible nombre. »

« produire, c'est-à-dire copier un modèle déjà existant d’une façon de plus en plus automatisée… »

Moles souligne : « Consommer est la nouvelle joie de masse, on consomme du Mozart [au fait, cette année, on consomme du Chopin], du musée, ou du plein soleil, on consomme les îles Canaries, on  a fait l’Espagne  en huit jours [ou le Louvre en 30 minutes]. C’est la nouvelle spontanéité par la plus grande part de la société globale. »… 

Le kitsch est bien présent  au Louvre, pas seulement sous forme de reproductions de la Joconde vendues  dans les boutiques sous la pyramide. D'ailleurs, cette pyramide, n'est-elle pas aussi une copie, n'est-elle pas à son tour copiée, y compris par son architecte ? Et moi, je copie tous les matins mon image dans le miroir, mais cela devient de plus en plus mauvais...


P1140171 

Pour terminer, un compliment mérité : tous les gardiens du Louvre sont absolument formidables. Ils connaissent toutes les œuvres, en indiquent spontanément le chemin, sans hésiter, sans se tromper : Bravo à eux tous !

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 08:50

De Limoges, j’ai reçu un coup de fil : « Écoute France Culture, ils parlent de ton quartier». Mon vieil ami n’a ni ordinateur, ni connexion Internet, il écoute la radio qui parle du passage de la Sorcière.

Il a bien fait de faire de la publicité pour cette émission de 55 minutes.

 

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissions/sur_docks/fiche.php?diffusion_id=81571

 

J’ai reconnu tous les Montmartrois interviewés et la problématique abordée l’année dernière.

http://capturesdinstants.over-blog.com/article-33459956.html

 

 Le premier personnage s’exprimant devant le micro est Idir que je connais depuis au moins vingt ans. Les riverains le laissent tranquille dans son squat sous les marches d’un escalier de Montmartre, tout le monde l’aime bien. Il est une mémoire vivante de la Butte. Lui au moins, il sera toujours accessible aux gens qui veulent le découvrir, impossible de le privatiser.

 DSC09374

jardin d idir
Le domaine occupé par Idir, qui adapte ses décors aux saisons.

DSC04476

Voir aussi la Mire du Nord interdite au public :

 

http://capturesdinstants.over-blog.com/article-33482928.html

 

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 21:44

Cela fait un petit moment que la France perd ses repères et ses valeurs.

La meilleure illustration du déclin général, c’est le croissant au beurre.

 

Récemment, j’ai fait le tour de toutes nos boulangeries pour trouver un vrai croissant : il n’y en avait pas. Aucune des viennoiseries proposées sous cette appellation ne présentait la forme du croissant commémorant la victoire des Viennois sur les Turcs et que Marie Antoinette apporta dans sa corbeille de dot.

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Le croissant au beurre des boulangers, c’est une forme indéfinissable  au goût encore pire, ça colle au palais, ne peut être avalé qu’après avoir été trempé dans un café au lait. Un artisan-meilleur-ouvrier-de-France propose cependant quelque chose qui ressemble à un croissant, mais c’est sans beurre, c’est pétri avec de la margarine et d’autres graisses…

 

Comment voulez-vous que ce pays redevienne une France qui gagne, quand il néglige à ce point la qualité de son croissant au beurre ?

 

À Vancouver, nos équipes font à peine meilleure impression. Il n’y a plus de Killy, de Goitschel - stars oubliées d’un autre millénaire …

Essayons alors de chercher ailleurs : quel est le domaine dans lequel la France se démarque d’autres Nations ?

Peut-être dans celui des grèves. Au point que des restaurateurs parisiens proposent régulièrement des menus « spécial grève »….

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Bon nombre de prisonniers, de travailleurs, de chercheurs préfèrent accrocher leur petite vie au bout d’une corde – l’avenir  ne leur présente plus aucune perspective.


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Ah, si l’on pouvait encore manger de croustillants croissants, si les vitres des autobus faisaient voir les couleurs de la vie au lieu de tout assombrir au prétexte de protéger les voyageurs  des rayons UV…

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:19

 

En automne dernier, je vous ai présenté une belle poupée en rose.

 

http://capturesdinstants.over-blog.com/article-ne-vous-demandez-plus-39867193.html

 

Aujourd’hui, loin du défilé de Nouvel An chinois, j’ai vu son sosie en bleu. Encore une jolie poupée. J’en fus subjuguée au point de ne pas avoir demandé son nom. Elle m’a appris qu’elle connaît Pudding.

 

Sur un panneau au-dessus d’elle défilaient des spots pour aider l'enfance malmenée.


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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 22:43


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Le 14 février cette année, était le cumul de plusieurs célébrations : la Saint-Valentin des amoureux, la dernière promenade du Bœuf Gras avant le carême,  le carnaval tropical et surtout le Nouvel An chinois avec l’apparition du Tigre.

Les défilés convergeant depuis Gambetta et le 3e arrondissement à la place de l’hôtel de Ville se sont déroulés sans éclat particulier, mais ont paralysé tout l’après-midi une bonne partie de la circulation. Aussi quelle idée de se promener en voiture quand il fait beau !

 Carnaval

Dans les rues de Paris, on  a pu ainsi voir des tigres de papier, "zhǐ lǎohǔ", même un bœuf pas bien gras, tous deux des symboles traditionnels bien identifiables. Mais que venait y faire un Grand Duc sur le gant du fauconnier ? Mystère à élucider.

Pour ceux qui, coincés pendant des heures dans leurs véhicules immobilisés, auraient raté les joyeuses parades, il y aura d’autres cortèges carnavalesques le week-end prochain, le meilleur sillonnera  les rues du 13e arrondissement où toute la communauté chinoise célébrera avec pompe et traditions la nouvelle année.  150 000  Chinois vivent à Paris selon les estimations, ils constituent la plus grande communauté chinoise en Europe, une bonne raison de faire la fête en début d’année.

 

Parfois les observateurs ne pouvaient distinguer costumes de carnaval et habits exotiques portés toute l’année. Les maquillages, les beaux vêtements, de seyantes coiffures embellissent Parisiennes et étrangères pour leurs promenades aux Champs même en hiver, comme je peux le constater quotidiennement.Nanas

Une Japonaise en visite, une française qui profite de son dernier jour de célibat, une Polonaise de Cracovie.
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