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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:12

Le 13 avril -  jour de chance ? – j’ai suivi l’appel de Berlin. Temps clair, +5° C à l’atterrissage, pas de nuages.

 

Paris-Berlin, 13 avril 2010. Bande-son : Steve Ray, mort dans un accident d'hélicoptère, tandis que j’ai survécu.

 

Quelques jours plus tard, au réveil, l’alerte : le volcan islandais venait de cracher des nuées de cendres. L’extinction des dinosaures, de toutes les espèces allait se répéter ; dans l’immédiat  pour le moins, perturbait les lignes aériennes. Au lieu de faire tomber la nuit sur l’Europe, jamais ciel ne fut plus bleu, semblable à celui sous le nuage de Tchernobyl.

Je sortis vite profiter des derniers rayons de soleil avant le grand soir qui jetterait son voile sur tout ce qui vit, répandant une nouvelle glaciation.

Berlin vivait calmement le répit. La capitale allemande semblait assoupie, beaucoup moins capitale que Londres ou Paris.  L’Est et l’Ouest se confondaient sans ligne de démarcation, si ce n’est les « Ampelmännchen », feux de signalisation pour piétons sauvés de la démolition de l’ex-RDA.

 

 Souvenirs de Berlin

Après avoir dégusté – pour la dernière fois ? – une « Currywurst » et une boulette à la sauce aux câpres, j’avais la sensation d’être enfermée dans cette ville comme en 1964 : il fallait m’en échapper au plus vite, regagner la liberté, de préférence française.

 

Le ICE, train tout en couleurs pastels, me permit de prendre le large, sans changement, voyage direct jusqu’à Freiburg, première étape avant d’arriver sur le sol français. Départ 12 :47, entrée en gare prévue à 18 :59 ; nous n’avions que  4 minutes de retard, alors que d’autres trains accumulèrent jusqu’à 90 minutes de retard. L’une des lignes vers Cologne fut totalement paralysée : d’un autre ICE une porte était tombée sur les rails…

Montée à bord du rapide allemand à Spandau sans réservation, je me suis installée à une table qui réunissait déjà trois personnes côté gauche du couloir ; à ma droite une autre table complète. Des voyageurs prévenants m’ont aidé à poser mon grand sac dans le porte-bagages et très vite, je fis connaissance  des autres compagnons de voyage. Mon voisin de gauche raconta qu’il venait de quitter Minsk depuis 24 heures, encore 6 ou 8 heures, et il serait enfin à Stuttgart. Il avait participé au marathon biélorusse le 15 avril, avait couru au préalable celui de Paris le 11 avril et trouvait que la pire épreuve, c’était le voyage en train sous l’invisible nuage de cendres.

À l’opposé un jeune musicien originaire du Nord de l’Allemagne, en contraste avec le marathonien  parlait Plattdeutsch. Le jeune homme retournait d’un concert donné à Londres et devait en faire un autre à Stuttgart. Pas évident de quitter l’Angleterre, « England » = pays étroit ! Les ferrys entre la grande Île et la France étant interdits aux piétons, il a dû acheter un vélo avant d’embarquer et l’a revendu aussitôt arrivé à quai (par la suite, ces règles ont été assouplies par les autorités maritimes).

Puis, il y avait un jeune Danois se destinant à la carrière de professeur de français, langue qu’il parle mieux que moi. Un jeune Allemand, lointain descendant d’Huguenots installés en Prusse, montrait lui aussi une parfaite maîtrise de la langue de Victor Hugo et des autres, il travaille à Paris. L’homme le plus âgé venait de Prusse Orientale, il s’exprimait dans une langue germanique rare, le Sorbisch, qui ressemble à du Yiddish. Quand je lui dis que j’avais des ancêtres de « Ostpreussen », que nous sommes peut-être parents, nous nous sommes serrés la main.

Dès lors, notre imagination prit libre cours, la discussion fut très animée et de plus en plus drôle. Nous avions fait remarquer au musicien, qui suivait en direct les matchs de foot et les retards de trains, qu’heureusement, il était là pour surveiller l’actualité -  sans cela, nous n’arriverions jamais à destination J : « Votre i-Pod, c’est ce truc qui explose toujours ? ». Toutes les équipes de foot de seconde catégorie avaient gagné contre les grands favoris, tout le monde en fut ravi.

Vers la fin du mémorable voyage, je suggérais –puisque les naufragés du nuage étaient incités à raconter leurs mésaventures sur Internet – que nous rédigerions ensemble notre récit collectif.

Ce nuage a été une aubaine : nous pourrons en parler jusqu’à la fin de notre vie, à la manière des grands-parents qui ressassaient les histoires de la guerre. Grâce au nuage, j’ai pu faire un crochet pour rendre visite à mon frère à Freiburg en pleine effervescence printanière.

 

 Freiburg 2010

Garten

 

D'autres ont évoqué le nuage volcanique, mieux que moi.

 

Alain :

http://ocsena.ouvaton.org/article.php3?id_article=825

Pol, que j'ai rencontré dans la zone d'embarquement avant mon décollage pour Berlin, il se rendait à Prague :

 

http://www.mediapart.fr/club/blog/pol/180410/lost-translation

 

Quant à l'appel de Berlin, celui-ci me plaît beaucoup, "Berlin m'appelle" :

 

 

 

Juste un conseil pour ceux qui prendront encore l'avion : n'emportez que du fromage à pâte dure, la pâte molle est interdite en cabine, mon véritable camembert au lait cru a failli rester bloqué à Roissy.

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