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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 05:03

L’élection en 1981 : sans Twitter, sans téléphones portables, estimations avec CII Honeywell-Bull.

 

« Jean-Pierre Elkabbach et Etienne Mougeotte annoncent en direct le résultat du 2e  tour de l'élection présidentielle 1981: portrait électronique affichant le visage de François Mitterrand, élu président de la République.
La musique utilisée est le morceau "Kometenmelodie 2", extrait de l'album "Autobahn", du groupe "Kraftwerk
" » :

http://www.youtube.com/watch?v=rJHUZNlO9ao

La nouvelle est parvenue dans les foyers grâce à la télévision et à la radio, les cris de joie ont déchainé les foules comme lors d’une victoire remportée par la France au championnat de foot. Spontanément, avec des moyens de communication rudimentaires comparé à 2012, les Parisiens se sont dirigés vers la Bastille pour fêter cet événement historique qu’ils n’ont pu photographier ou filmer avec appareils numériques...

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Pas trop mal pour l’époque, la performance des sondeurs :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1982_num_23_1_3539

 P1120994

En 2012, les instituts de sondage plus nombreux et bien rodés ont permis de connaître le nom du vainqueur entre 14 h et 16 h 30 suffisamment tôt pour que des Belges, Luxembourgeois, Canadiens et Suisses que j’ai croisés à la Bastille en fin d’après-midi aient pu faire le voyage à temps. Les médias y campaient déjà : pour la première fois depuis très longtemps, le monde entier s’intéressa à la France qui pourrait jouer un rôle majeur.

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Reuters présent à la Bastille avant 19 h.

 

 

 

http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/presidentielle-2eme-tour-estimations-tns-sofres-francois-hollande-52-bat-nicolas-sarkozy-48-7747861234

 

à 17 h 38, la place de la Concorde était vide. Un vaillant caméraman de Canal+  y attendait un miracle. Les rédactions avaient dépêché leurs équipes devant les QG de campagne, devant les bureaux de vote, sans donner de préférence à l’un ou l’autre challenger.

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Les médias ont fait ce qu’ils ont pu. Le candidat sortant ne pouvait plus être sauvé, il avait lui-même préparé sa défaite pendant de longues années.

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Niant sa responsabilité dans la défaite et pas vraiment fair-play, l’UMP lança aussitôt une offensive en dénigrant les journalistes :

 

http://www.tiresias.info/2012/04/de-la-mauvaise-foi-des-journalistes/

Lors de ma propre enquête auprès des meilleurs placés pour répondre, Tiphaine a eu la gentillesse de faire le point sur la situation :

 P1130056

 

 

Je me permets quelques commentaires : 

- "85 % des journalistes sont de gauche." L'UMP vient-elle vérifier dans les isoloirs les bulletins de vote déposes par les journalistes ? Organise-t-elle des sondages dans les rédactions pour connaître les tendances de vote des journalistes (Auquel cas, j'espère pour elle qu'elle ne fait pas appel à l'institut Ipsos dont elle a très peu apprécié les résultats entre les deux tours) ? Bref, d'où vient ce chiffre avancé avec autant d'aplomb. Pourquoi 85 % et pas 95 %, par exemple ? Passons là-dessus : il a été assez affligeant de voir à quel point l'UMP a ces derniers temps tenté de jouer les victimes d'une presse subjective, reprenant là une méthode appliquée pendant des années (et avec succès) par le Front National. Et, pour être honnête, quand on voit les hagiographies dressées aujourd'hui par bon nombre de mes confrères sur François Hollande, on pourrait presque donner raisons aux partisans de cette thèse, si elle n'était pas aussi médiocre et puante. Personnellement, j'aurais tendance à dire que les médias français ont une tendance à l'adoration des vainqueurs... en témoigne les mêmes portraits encenseurs parus en 2007 sur Nicolas Sarkozy.

 

- la niche fiscale des journalistes. C'est tout à fait exact : les journalistes bénéficient d'un abattement fiscal de 7650 euros. Peut-être parce que je suis d'un œil assez attentif les articles parlant de ma profession, je n'ai pas l'impression qu'il y ait une omerta sur le sujet. On en a même beaucoup parlé au moment du débat sur les niches fiscales. Même dans des médias de gauche. Ou devrais-je dire : en particulier dans les médias de gauche. Je me souviens avoir lu des articles expliquant que les journalistes ne seraient pas inquiétés par ce genre de réforme puisque les grands patrons de presse étaient très proches du pouvoir en place -celui de Nicolas Sarkozy, qui, si je ne m'abuse faisait encore de la politique à l'UMP à ce moment-là. Reste que cette niche pose une vraie question : elle a été créée pour les remboursements des frais des journalistes à une époque où les reporters payaient l'intégralité de leurs déplacements en reportage. Ce n'est aujourd'hui plus le cas pour les journalistes appartenant à une rédaction. C'est encore le cas des journalistes pigistes (25 % de la profession). Bref, il y a certainement des choses à revoir là-dessus. Ceci dit, citer Pujadas, Pulvar et Ferrari, c'est bien mal connaître le milieu journalistique. Personnellement, après 7 ans d'activité (et 7 ans d'études), la moyenne de mes salaires mensuels avoisine les 1300 euros. On est un peu loin des 400 000 euros évoqués pour les présentateurs télés (qui, au demeurant, font plus de "ménages"- de la communication- que de journalisme).

 

- Sur le fait que les journalistes ont des moyens de pression plus considérables que les ouvriers du cartonnage de la région de Nuantua, c'est indéniable.

 

- Quant aux avantages sur les congés maladies... Il va falloir que je me renseigne parce que je n'en ai jamais entendu parler. 

 

Pour répondre à votre question sur d'autres professions sujettes à des niches, je crois que les producteurs de truffe, les chauffeurs de taxis et les écrivains ayant remportés des prix littéraires bénéficient eux aussi d'avantages fiscaux. Entre autres...

 

Enfin, sur les liens entre presse et pouvoirs économique et politique, je vous conseille le documentaire de Gilles Balbastre : Les Nouveaux chiens de garde (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=194641.html). A mon sens, il est malheureusement très juste !

Vous pouvez également jeter un oeil sur cet article qui donne une idée de la vie de journaliste-pigiste, bien éloignée de celles de Pujadas et Ferrari : http://www.technikart.com/archives/4963-le-salaire-de-la-sueur. Les infos datent un peu : la dernière enquête que Sébastien et moi avons menée au Burkina Faso nous a été payée 250 euros chacun pour deux mois de travail, une centaine de photos et cinquantaine de feuillets. Nous avons évidemment payé nous mêmes l'intégralité de nos frais de voyage. Ca ne justifie en rien des exonérations d'impôts. C'est vrai. En revanche, un salaire décent, oui.

 

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