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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 11:07

En référence à Rue89

 

http://www.rue89.com/2008/11/27/avec-les-sans-abri-du-bois-de-vincennes-on-vous-fait-peur

 

"Il y a quelques mois, Six35 avait suivi des "habitants" du bois de Vincennes et ceux qui leurs viennent en aide, dans un documentaire en trois volets, présenté sur Nuesblog. Parmi eux, Francis, mort le 22 novembre. "

 

D'une année à l'autre

 

  C’est le 3e hiver que j’essaie de résister au froid, bien à l’abri chez moi. Cette année, les amis qui me rendent visite dans ma maison bien en dur gardent leurs manteaux et chapeaux. Aujourd’hui encore, j’ai dormi laissant la fenêtre ouverte. Au matin, il faisait 5° C à l’intérieur, tout à fait supportable.

 

Contrairement aux campeurs de fortune, je suis bien à l’abri du vent et de l’humidité et peux m’offrir tous les matins le luxe d’une douche chaude, d’un café brûlant.

 

Allumer l’ordinateur fait grimper la température de 5° C. Ensuite, vers midi, un repas chaud permettra au corps de réchauffer un peu plus l’appartement – un luxe qu’on ne peut s’offrir au Bois de Vincennes.

 

Je ne pense pas être  suffisamment entrainée pour survivre en hiver dans la forêt. Se préparer à un futur désastre, cela demande de longues préparations. Comment s’adaptent-ils, ceux qui se trouvent du jour au lendemain privés de tout ? Serais-je capable de survivre comme eux ? Y a-t-il des gens qui ne souffrent pas du froid ? Même des CRS et Gardes Républicains m’ont avoué qu’ils ne sont pas mieux acclimatés aux températures rigoureuses que moi.

 

Ce n’est pas parce que je renonce au chauffage chez moi que les autres auront plus chaud. Cela permet seulement de tester ses propres limites, d’économiser un peu d’énergie et d’être mieux protégé contre les maladies de saison, grâce aux privilèges que d’autres n’ont pas : des vêtements propres bien isolants, une nourriture saine équilibrée, un lit douillet… Mais surtout, à tout moment, j’ai le choix de vivre comme « les gens normaux ».

 

Lorsque j’avais 11 ans, la famille venait d’aménager dans une maison encore dépourvue de confort, au pied de la Forêt Noire. Pendant le premier hiver, mon petit frère et moi dormions dans le même lit sous les combles pour nous tenir chaud. Le matin, la buée de nos respirations s’était transformée en mince couche de glace, scotchant les couvertures contre le mur. Après notre réveil, nous nous lavions sous la pompe à l’eau froide dans une cour recouverte de neige. Papa avait expliqué qu’il faut se laver tous les jours et que mon frère et moi avions plus de chance que lui pendant l’hiver ’42 en Russie quand lui avait 22 ans...

 

Chez moi, il fait maintenant 11,5 ° C, dix de plus que dans la rue, j’ai un peu froid aux pieds. Après une promenade dans le quartier, j’aurai la sensation en revenant à la maison de pénétrer dans un endroit bien chauffé.

   

 

 

 

 

La situation s'est durcie, depuis 2006.

 

 

Chimulus la décrit ainsi : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Pourquoi ne veulent-ils pas se rendre dans les asiles ?

 

Moi non plus, je n'irai pas, je préférerais encore mourir de froid :

  

 

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