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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 11:20

Sciences au Grand Palais

 

Y a-t-il plus important que la crise financière, le pouvoir d’achat, les courses pour Noël ? -Oui, la familiarisation avec les sciences.

 
Elles sont partout dans notre quotidien et détermineront notre avenir. Un citoyen ordinaire peut contribuer à la recherche, au débat et lorsqu’il s’adonne à l’écriture s’intéressera aux  rapports entre un écrivain et son ordinateur.

 

Je suis donc allée faire mon enquête au Grand Palais où j'ai rencontré, entre autres, un jeune chercheur présent au lancement LHC, collisionneur de particules.












 

L’après-midi était trop court pour étudier à fond tous les aspects de la science fondamentale en gestation ou les applications réalisées et à venir.

 

La Station Biologique de Roscoff présenta des aquariums remplis de petits animaux marins étonnants, quelques récipients avec des têtards et fit voir sous le microscope des tout petits venant de naître. Leur évolution était transmise en direct sur un écran où je crus déceler une forme de communication entre ces petits êtres. Je suggérais à un jeune chercheur d’étudier leur comportement à ce stade et d’en faire une thèse – il me tiendra au courant.

 

Dans l’espace réunissant les nanotechnologies étaient exposées toutes les applications déjà présentes dans notre quotidien. Une part importante était réservée aux recherches en cours mettant en relief certains dangers pour l’homme et l’environnement. J’avançais l’idée qu’on pourrait probablement bloquer les nanoparticules  s’échappant lors de manipulations en leur envoyant des nano neutralisateurs.  J’avais visé juste : les plus petites particules s’agglutinent en effet aux plus gros, perdant ainsi leur dangerosité. La recherche sur la maîtrise des dangers est en cours.

 

Interrogeant une spécialiste du Muséum d’Histoire Naturelle sur les maladies touchant actuellement une majorité de plantes à Paris, je ne fus pas très rassurée sur l’avenir en vert de la capitale. Fleurs, buissons, arbres à l’extérieur et à l’intérieur des maisons sont apparemment atteints de champignons qui les font périr. La scientifique n’a que des solutions brutales : puisque la ville offre un climat hostile, il faut éliminer les plantes ou bien leur faire subir une chimio radicale, dangereuse également pour l’homme. Je lui demandais que deviendrait l’homme si l’on devait éliminer les malades ou les arroser de produits chimiques. La spécialiste des plantes pense que l’on pourrait être tenté en effet  d’isoler tous les mal adaptés et qui n’ont pas leur place dans la société comme les plantes exogènes…

 

Sur le stand de Danone, un chercheur finit par adopter mon avis : cette entreprise utilise les chercheurs pour perfectionner ses arguments marketing afin de vendre les yaourts cautionnés scientifiquement quatre fois plus cher que les yaourts normaux pas moins bénéfiques pour la santé. Une autre personne engagée par la firme ainsi qu’une chercheuse rémunérée par Pfizer s’offusquèrent de mes critiques émises au sujet de leurs rôles, des rapports « scientifiques » et de la partialité de leurs travaux : elles m’ont vivement priée de quitter le stand.

 

Ailleurs, une dame voulait que j’achète des produits précuits, meilleurs pour la santé : du riz, du fonio… devant mon refus elle resta perplexe, ne comprenant pas tant de réticence au progrès.

 

La jeune présentatrice du rayon exposant des aliments avec ou sans manipulation génétique n’osa donner son avis personnel – c’était d’ailleurs la tendance générale sous la verrière : les jeunes scientifiques et les moins jeunes gardent leurs opinions pour eux, au lieu de jouer leur rôle de lanceurs d’alerte.

 

Au détour d’une allée, je me trouvais nez à nez avec la ministre coiffant la Recherche, Valérie Pécresse qui prétend vouloir « renforcer le lien entre science et société ». Elle se soucie moins des liens entre chercheurs, science, politique et business…. et diminue le rôle de l’État qui, à mon avis, devait allouer le budget le plus important à la recherche, la financer intégralement en mettant l’accent sur la recherche fondamentale et de se faire rembourser par l’industrie qui profiterait des retombées.

 

 

Une belle banderole déroulée par les défenseurs du Palais de la Découverte, quelques interventions et remises de lettres par des chercheurs lui ont rappelé certaines incohérences entre paroles et actes. J’ai profité de l’occasion pour réclamer bruyamment le retour de l’émission « Archimèdes » à la télévision. [À mon regret, mes quelques échanges avec la ministre n’ont pas été enregistrés par mon appareil]. Elle m’a répondu qu’elle adhère à ma demande : chiche, il faudra lui faire respecter sa parole, qu’elle signe l’appel et oblige les télévisions publiques de diffuser l’émission : http://sauvonsarchimedes.free.fr/

 

Cependant, avec une telle ministre et un tel gouvernement, la Recherche française a des soucis à se faire :

 http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/11/14/valerie-pecresse-et-les-chiffres-du-cnrs.html

 

 

Une nouvelle attraction touristique est désormais offerte par l’Andra qui propose sur son stand : « Visitez les sites de l’Andra » : centre de stockage de déchets radioactifs, notamment. Les visiteurs rentreront rayonnants de leurs vacances radieuses J .

 

Tous ces parcours seront repris et encore mieux présentés pendant la Fête de la Science, du 17 au 23 Novembre par l’UPMC (Université Pierre & Marie Curie).

fetedelascience@upmc.fr

 

 

Faites pousser vos graines de science !

 

Méfiez-vous des infusions. Restez à l’écart de ceux, y compris des décorés de prix Nobel, qui veulent prouver l’existence d’une loi universelle immuable, indiscutable. La science ne sert pas à donner des réponses catégoriques, elle doit poser les questions.

 

Pourquoi a-t-on éliminé l’émission ARCHIMEDES de la télévision ? – Elle rendait le téléspectateur trop intelligent, le citoyen-électeur méfiant. La goutte qui fit déborder le vase des programmateurs et observateurs politiques, la voici la séquence incriminée (malheureusement sans les illustrations rigolotes) :

 

http://archives.arte.tv/hebdo/archimed/20010102/ftext/sujet4.html

 

Élection

"Il faudrait que nous ayons un système électoral juste, s'exclama Archiprime, l'élève d'Archipi, c'est-à-dire qui reflète au mieux les choix des électeurs."

"Hélas, gémit le professeur Archipi, cela est impossible. Le résultat du vote dépend du système utilisé.
Voyons cela pour une élection pour la présidence de l'Union Européenne où nous avons cinq candidats, par exemple François, Esperanza, Marcello, Ute et John, et admettons que leurs électeurs se répartissent selon six possibilités : ainsi 7,2 millions d'électeurs placent en premier choix François, en second Marcello, en troisième John, en quatrième Esperanza et, enfin, en cinquième choix, Ute. 4,8 millions d'électeurs placent au premier rang Ute, en deuxième rang John etc., comme sur le tableau.

Notre premier système électoral, continua Archipi, est une élection à un tour : chaque électeur vote pour son premier choix. François est élu avec 7,2 millions de voix.
"Ce n'est pas un système juste, s'exclama Archiprime, car 14, 8 millions de personnes lui préféraient un autre candidat. François est élu par moins d'un tiers des votants.
"Alors, examinons le système électoral français actuel, continua Archipi, où François et Ute sont les deux candidats qui ont eu le plus de voix au premier tour. Alors les électeurs des quatre autres groupes votent, au second tour selon leur ordre de choix.

Comme les électeurs des quatre derniers groupes préfèrent Ute à François, la candidate allemande est élue avec l'écrasante majorité de 14,8 millions d'électeurs contre 7,2 pour le candidat français.
" Quel que soit le système électoral, avança Archiprime, le résultat sera toujours un de ces deux candidats, François ou Ute. Ce n'est pas si injuste… "

Que nenni, lui répondit le professeur Archipi ! Prenons un système à plusieurs tours où, à chaque tour, on élimine le candidat qui a le moins de voix. Ce système correspond au dicton selon lequel les électeurs éliminent plus qu'ils ne choisissent. Au premier tour, John, qui n'obtient que 2, 4 millions de voix, est éliminé.
Au second tour, 1,6 million des voix de John se reportent sur Ute, leur second choix, et 0,8 million sur Esperanza. Aussi, Marcello est éliminé au second tour.
Les votes se reportent au tour suivant sur Esperanza, ce qui entraîne l'élimination de Ute.
Comme les électeurs de Ute préfèrent Esperanza à François, c'est la candidate espagnole qui est élue, avec 14,8 millions de voix.

"Et si nous utilisons le système du mathématicien Borda, demanda Archiprime, où chaque électeur attribue 5 points au premier choix, 4 au deuxième choix, 3 au troisième, etc.? Avec ce système à un tour, qui serait élu ?
" Faisons les comptes, répondit Archipi.
Le vainqueur est le candidat italien, qui obtient, en suivant les colonnes de gauche à droite, 76,4 millions de points.
(7,2 x 4) + (4,8 x 3) + (4 x 2) + (3,6 x 5) + (1,6 x 3) + (0,8 x 3) = 76,4 millions.
"C'est exact, j'ai fait les comptes pour les autres qui obtiennent moins de points. J'hallucine, s'écria Archiprime.
(Totaux pour les autres : 75,6 millions pour John; 64,8 millions pour Esperanza; 62,4 millions pour Ute; 50,8 millions pour François)

"Le seul candidat qui n'ait pas gagné avec un des quatre systèmes électoraux que nous venons d'examiner est John, le candidat anglais : nous allons le faire gagner avec un dernier système, le système de Condorcet. Dans celui-ci, nous opposons chaque candidat à tous les autres, et nous comptons celui qui a le plus de victoires.
John gagne contre Ute : elle obtient 7,2 + 3,6 + 1,6 + 0,8, soit 13,2 millions de voix, alors que Ute n'obtient que 4,8 + 4, soit 8,8 millions de voix. Et il gagne également contre tous ses autres opposants. Tu pourras le vérifier, Archiprime !

"Avec ces cinq systèmes électoraux qui semblent également justes, nous avons cinq résultats différents, continua Archipi. Ceux qui choisissent le système électoral déterminent l'heureux gagnant. C'est sur des considérations de cet ordre que Kenneth Arrow, prix Nobel d'économie en 1972, prouva qu'il n'y avait pas de système électoral qui soit juste. La démocratie parfaite est un rêve impossible ! "

Vous voulez en savoir davantage sur les contenus des émissions ? Ouvrez les liens ci-dessous et imaginez les animations apparaissant sur l’écran :

 

http://archives.arte.tv/hebdo/archimed/20000307/ftext/sujet5.html

 

Le programme presque complet :

 http://archives.arte.tv/hebdo/archimed/20000919/dtext/

  

http://www.sfrs.fr/index.php?page=fiches,view,158,4,7,21,,,search_this_word,5

 

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